Pourquoi les islamistes sont-ils si angoissés par la Femme ? par Kamel DAOUD

Ecrit par Léon-Marc Levy sur . Publié dans Actualité, Géo-Politique, Société

rtr38pad

Se lever le matin, puis lire une information brève dans un journal arabophone de Londres : le savant théologien saoudien le cheikh Abd Errahman Ben Nasser El Barek a annoncé que le droit de conduire pour les femmes «va ouvrir les portes de l’enfer pour le Royaume» qui lui donne son salaire. Que cela va conduire à la corruption, le mal, les maux et le désastre. Puis relire et réfléchir sur la question de fond : pourquoi les islamistes sont aussi angoissés par les femmes ? D’où vient cette obsession ? On peut creuser et dire que le rapport trouble avec les femmes est un produit dérivé des monothéismes en général : religions puritaines, nées dans les déserts désincarnés, à l’époque des rapts et des viols qui imposent de cacher les femmes et les voiler ou les enterrer. On peut aussi dire que c’est une idée qui persiste depuis la préhistoire : la femme n’est pas une force de guerre pour le clan et la horde, elle ne peut servir de soldat et donc elle est un poids mort, un poids ou une mort. Même avec l’avènement des monothéismes, l’idée est restée et revient dans la tête quand la préhistoire revient dans l’histoire. Les islamistes d’aujourd’hui ne font que se souvenir d’une histoire ancienne. A l’époque où se faire voler ses femmes était la preuve de sa faiblesse et donc la femme était la faiblesse de la horde et du nomade.

On peut aussi creuser et parler de troubles : l’Islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du Ciel et d’un retard sur le Rendez-vous de l’éternité. La Vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme. L’islamiste en veut à celle qui donne la vie, perpétue l’épreuve et qui l’a éloigné du paradis par un murmure malsain et qui incarne la distance entre lui et Dieu. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme.

L’islamiste est tout aussi angoissé par la femme parce qu’elle lui rappelle son corps à elle et son corps à lui. L’islamiste aime oublier son corps, le laver jusqu’à le dissoudre, le rejeter et en soupirer comme on soupire sous un gros cabas, l’ignorer ou le mépriser. En théorie seulement. Cela crée justement un effet de retour violent de l’instinct et la femme devient coupable non seulement d’avoir un corps mais d’obliger l’islamiste à en avoir et à s’y soumettre ou à composer avec la pesanteur et le désir. L’islamiste en veut à la femme parce qu’elle est nécessaire alors que lui déclare qu’elle est accessoire.

Cliquer sur lire la suite