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Athéisme en détresse par Daniel Sibony

Ecrit par Léon-Marc Levy sur . Publié dans Philosophie, Psychanalyse, Religions

sibony00Peut-être vaut-il la peine de poser quelques questions quant aux remous sur les religions et l’athéisme que nous a offert le battage médiatique autour d’un livre qui s’en prend aux monothéismes (de M. Onfray), bizarrement médiocre :

1°/ Car enfin, mis à part la critique faite par Nietzsche ou Freud (“la religion est une névrose”), qu’il reprend ou plutôt plagie, sans se demander un instant sur quoi cette critique a buté et pourquoi elle ne suffit pas, le reste est atterrant d’ignorance et d’illogisme. Par exemple :

S’en prendre à Dieu parce qu’en son nom deux ennemis peuvent s’affronter, n’est-ce pas plutôt la preuve qu’il n’est pas la cause mais qu’il est pris comme instrument ? et que la cause est plutôt la bêtise humaine qui a besoin, dans sa rage d’instrumenter le divin ? En outre, si des gens, ennemis, ne peuvent pas chacun invoquer Dieu, à quoi servirait-il ? N’y a-t-il pas dans ce reproche la nostalgie d’un Dieu qui serait la Vérité absolue devant laquelle tous s’inclineraient ? Sauf les menteurs, c’est-à-dire les autres ?

Mais n’est-ce pas ce Dieu-là qu’exaltent ou dont rêvent les fanatismes ? En réalité, si deux ennemis invoquent le même Dieu quand ils se battent, cela confirme bien que Dieu et la religion servent plus de repères identitaires que de convictions ou de pensée précise sur lesquelles on se battrait.

Et si l’auteur oppose au Ciel “la terre, l’autre nom de la vie, si la vie s’appelle “terre”, ne voit-on pas que pour un bout de terre les hommes s’entretuent ? En outre, croit-on vraiment que les religieux ne voient que le ciel ? et ne jouissent pas des plaisirs terrestres – chair, sexe, vin, rêves et passions ?

Notre auteur désespère de voir que les croyants “préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux certitudes cruelles des adultes”. Mais les fictions de la Bible sont-elles vraiment “apaisantes”? S’il les avait lues, il aurait vu qu’elles offrent à satiété “le dévoilement de la cruauté du réel” qu’il réclame, et un peu plus.

Quand à ceux qui aiment le Livre et pour qui il a “compassion” et “colère”, ils peuvent à leur tour compatir à sa naïveté puisqu’il leur assure qu’”une introspection bien menée [?] obtient le recul des songes et des délires dont se nourrissent les dieux” et qu’”un bon usage de son entendement (…), de son intelligence (…) permet d’obtenir le recul des fantômes”. Mais vont-ils s’engouffrer dans cette route du bonheur qu’il leur ouvre ?

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